Y. Plantier

 

S’il s’adresse d’abord à des accompagnants de jeunes, dans son intervention intitulée : « Quand la mort transforme la vie en destinée… » , ce texte invite à une réflexion pour toute personne en deuil.

 

« L’idée de la mort polarise la tendance humaine à l’absolu, sous la figure du tout ou rien.

Pourtant l’expérience réelle de la mort d’un proche fait épreuve à cette tendance, en ouvrant dramatiquement la possibilité d’un chemin de vie hors de ce tout ou rien.

L’autre n’est donc pas tout pour moi et je ne suis pas rien sans lui, continuer de vivre n’est pas trahir tout ce qu’il était pour moi, son absence ne le réduit pas à rien, ma douleur présente n’est pas le tout de mon être, même s’il n’y aura peut-être désormais aucun jour où elle ne sera plus rien….

(…)

Que la vie soit encore possible pourtant, là est une épreuve redoutable qui passe trop inaperçue. Là est la surprise déroutante et terriblement culpabilisante du temps de deuil.

(…)

Mais pour envisager la réalité d’une présence qui ne s’engloutit pas dans l’absence et pour faire droit à l’intensité d’une relation qui continue de travailler, autrement.

(…)

Accompagner le deuil d’un jeune, c’est alors reconnaître la souffrance unique qui est la sienne, mais aussi les ressources de sens, infiniment précieuses et profondes, qui sont les siennes.

(…)”

Y. Plantier