Témoignage de Martine

Martine assiste aux permanences mensuelles, propose une écoute téléphonique et des rencontres informelles.

« Je me souviens des paroles de ce bénévole JPV qui nous avait accueillies, ma mère et moi, deux mois après le suicide de mon frère, Serge, à l’âge de 40 ans : «  Vous verrez on s’en sort ! ».

Inacceptable, inconcevable à ce moment-là, et pourtant cette petite phrase malmenée, que j’avais enfouie dans un coin de ma mémoire refaisait surface et prenait tout son sens 5 ans après ! C’était vrai, on pouvait s’en sortir, et il m’apparaissait maintenant comme une évidence, que cette petite phrase pleine d’espoir, je voulais la transmettre aux autres pour leur redonner un élan de vie.
J’aiderais à mon tour…!

Je participai pour la première fois au Conseil d’Administration de Lyon en janvier 2010, en tant qu’invitée. J’écoutais, pris peu la parole, impressionnée et intimidée par le simple fait d’être l’unique sœur parmi tous ces parents réunis. J’expliquai ma détermination à vouloir être présente pour l’écoute des frères et sœurs, me souvenant que malgré l’accueil chaleureux qui nous avait été fait lors de notre premier contact à JPV, j’aurais tellement aimé rencontrer et parler avec une sœur ou un frère endeuillé(e)… ! Avoir en face de soi une personne qui peut comprendre exactement votre souffrance est primordial, d’où l’énorme importance d’avoir des frères et sœurs formés à l’écoute dans les antennes.

Pendant un an j’assistais à toutes les permanences du groupe de parole, souvent composé uniquement de parents. Ma participation était celle d’une sœur endeuillée, et je m’aperçus très vite de l’intérêt qu’ils portaient à mon témoignage. Beaucoup me questionnaient sur ma souffrance, mes ressentis. Ils étaient souvent inquiets pour leurs autres enfants, alors peut-être espéraient-ils trouver des réponses à travers mes mots. Je compris alors que nous pouvions aussi apporter du réconfort aux parents.

Mon véritable engagement pour les frères et sœurs commença après ma formation à l’écoute. Depuis, je continue à être présente à chaque permanence pour recevoir les frères et sœurs qui entreprennent de venir. Après un premier échange individuel, ils rejoignent le plus souvent le groupe de parents, ce qui permet des échanges très riches entre eux. Chacun exprime sa douleur, ses émotions, ses questionnements, ses incompréhensions dans le plus grand respect mutuel.

Les rencontres peuvent se faire aussi dans un cadre plus informel si certains le désirent, autour d’un café, dans un parc, à l’occasion d’une balade ou dans tous autres lieux propices à la confidence et à l’apaisement. »

Martine
Antenne JPV du Rhône